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 ♥ Repeindre Le Ciel En Bleu ♥

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Mihill L. Adamson

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MessageSujet: ♥ Repeindre Le Ciel En Bleu ♥   Mar 23 Aoû 2011 - 20:25

V♥
Il N’Est Point De Bonheur Sans Liberté... Joshua || Mihill... Ni De Liberté Sans Courage.
V♥





Le ciel. J’avais l’impression que ça faisait une éternité que je n’avais pas marché sous sa lumière. Pendant ces vingt derniers jours j’avais été contraint de rester enfermé dans ce bâtiment qu’ils appelaient le Centre. Je m’étais d’abord réveillé dans une petite pièce ne contenant qu’un lit et des toilettes et dont les murs blancs dépourvus de fenêtres étaient effroyablement impersonnels, dénués de toute trace d’un précédent passage et ne laissant rien paraitre sur la nature du lieu qui m’entourait. En général on arrive toujours à se faire une idée sur les choses en les inspectant du regard, en en interprétant les détails et on sait alors si on doit se sentir rassuré ou avoir peur, mais ces murs -là semblaient totalement imperméables à tout cela et leur blancheur froide ne renvoyait aucun sentiment, ne répondant à aucune de mes pensées et se contentant d’afficher un silence aseptisé. Je suis longtemps resté allongé sur les draps rêches et sans odeur, la tête lourde et le corps endolori à essayer de me remémorer ce qui s’était passé, à comprendre où j’étais et pour quelle raison. Je suis resté plusieurs jours comme ça, sans vraiment avoir la notion du temps et me battant avec la brume dans ma tête, à essayer de rassembler les divers fragments de souvenirs que j’arrivais à repêcher de ce chaos et passant ainsi mes heures à dormir, chercher les pièces du puzzle, fixer les murs sans écho et finalement me rendormir, déçu par le silence qui persistait et la tête trop lourde pour continuer à réfléchir. Dans les premiers temps j’avais tenté d’ouvrir la petite trappe métallique découpée dans la porte au ras du sol par laquelle une main gantée d’un blanc jauni passait de la nourriture sans goût. Mais en vain. Je n’étais parvenu qu’à m’user les ongles qui s’ensanglantaient parfois dans des élans de frénésie. J’avais alors tenté de frapper contre la porte, lorsque je ne me sentais pas trop faible, et à appeler mais personne ne me répondait jamais et une pensée me vint alors : peut-être qu’ils ne comprenaient pas ma langue ? Peut-être qu’ils ne savaient pas quoi me répondre et se contentaient-ils alors de me nourrir en attendant… En attendant quoi ? Je ne savais pas. C’est à ce moment que j’ai réellement commencé à avoir peur, lorsque le sentiment que je me trouvais loin de chez moi et la sensation de ne rien savoir m’envahirent. Puis un certain nombre de jours passa et les choses changèrent : la porte s’ouvrit et je vis des visages, j’entendis des voix et je pus enfin quitter la petite pièce aux murs aseptisés. On me fit attendre dans des couloirs avec d’autres personnes dont la plupart étaient menottées : certaines criaient, insultant le personnel qui passait rapidement les mains remplies de papiers, de seringues et parfois d’armes, d’autres pleuraient en souriant et en parlant seules alors que d’autres encore piquaient des crises de rires démentiels. Mais toujours les mêmes termes revenaient dans les bribes de conversations que je parvenais à capter malgré le brouhaha et les différentes langues parlées : « ouverture » et « extérieur ». Je ne connaissais rien du lieu où j’étais, de ce « Centre », mais apparemment un évènement majeur venait de tout chambouler et le personnel paraissait débordé par ce qui se passait. Je me suis alors contenté d’attendre alors que le brouillard se levait lentement sur mon esprit et enfin les choses parurent plus claires : les hommes dans notre appartement à Londres, les menaces qu’avaient reçues mon père, la voiture noire qui m’avait enlevé et les piqûres des seringues. Le chronologie se remit doucement en place et le bruit d’un moteur, sans doute celui d’un avion, se mit à hanter mes pensées. Je devais être loin de Londres.
Loin de chez moi.
Loin de mon père.

Finalement une femme du personnel à l’allure à la fois compatissante et sévère me fit entrer dans un bureau pour me faire passer des tests de perception et m’interroger sur des sujets que je trouvais parfois absurdes afin d’établir un « diagnostique » de ma personnalité. La dernière fois que je l’ai vue c’était il y a deux jours : elle avait signé puis tamponné un papier en me disant que je pourrais bientôt sortir. Le lendemain on m’attacha un bracelet blanc en métal léger à la cheville qu’il m’était interdit d’enlever et on m’autorisa à me promener seul.


Revoir le ciel et respirer l’air extérieur, c’est la première chose qui me vint à l’esprit. C’est comme ça que je me suis mis à marcher au hasard dans la ville, les yeux rivés vers les toits des immeubles qui se découpent sur le fond bleu. Bien que me sentant étranger dans ces rues je suis content de pouvoir les parcourir librement et de reconnaitre les mots écrits en anglais sur les enseignes et les panneaux, de connaitre la langue locale même si l’accent des habitants n’est pas le même que le mien et je suis surtout heureux de ne plus avoir à faire face aux murs blancs. C’est fou comme l’ignorance et l’inconnu font peur. Mes pas ont fini par me conduire jusqu’à un jardin d’enfant désert dont les jeux colorés reflètent vivement la lumière du soleil. Je décide de pousser la petite grille verte et d’aller m’asseoir sur une des balançoires. Ca faisait longtemps. Je souris. Ca me fait penser à maman. Me penchant en arrière sur la balançoire et fermant mes yeux j’écoute le vent bruisser dans les feuilles des arbres, recevant le soleil sur mon visage et me remémorant des souvenirs… Mais j’ai surtout besoin de réfléchir, réfléchir à pourquoi ils m’ont envoyé ici, quel est leur plan : ils auraient pu me garder et me menacer pour convaincre mon père d’arrêter son enquête. Ca aurait bien été leur genre à ces salauds. Alors pourquoi.

… Pourquoi ?

Eh bien…

Mais je sens qu’une supposition trop obscure rode en direction de mon esprit. Le genre d’hypothèse qu’on ne veut pas avoir à formuler. J’ouvre les yeux sur le ciel bleu.
Je me relève et remarque alors que je ne suis pas si seul que ça : un garçon dont les éclats de rire qui me parviennent par à-coups dans le vent est en train de s’amuser sur le tourniquet, courant autour pour le faire tourner avant de se lancer dessus pour tourner avec, la tête jetée en arrière et riant aux éclats. Je ne peux pas m’empêcher de sourire devant la scène de ce garçon s’amusant sur le jeu d’enfants et je me sens un peu mieux. Je décide de me rapprocher discrètement de lui, afin de ne pas le déranger dans son jeu qui m’amuse aussi et m’assoie sur une petite moto bleue montée sur ressort à quelques mètres de lui, sans qu’il ne semble me remarquer. Ses cheveux noirs plaqués en arrière par le vent laissent voir un visage plutôt jeune et je me dis qu’il doit avoir à peu près mon âge. Alors que je continue de sourire en l’observant ses mains lâchent prise et il tombe du petit tourniquet et reste allongé là par terre, dos contre terre en riant de plus belle. J’étouffe un rire devant l’action et décide d’aller l’aider à se relever. Me mordant la lèvre pour ne pas éclater de rire je tends ma main en sa direction.

- Tu t’amuses souvent seul comme ça ?

Il me regarde et je vois le ciel et les nuages blancs se refléter dans ses yeux.
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Joshua Edwood

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MessageSujet: Re: ♥ Repeindre Le Ciel En Bleu ♥   Jeu 25 Aoû 2011 - 21:00

  • 15 jours passés dans le noir.
    Enfermé, en silence, sans réponse à mes questions, sans indice, sans message, seulement avec cette inquiétude qui rend fou et empêche d’attendre, et donne envie d’exploser, mais alors la question surgit : comment faut-il exploser ?
    Ça allait changer, quelque chose se mettait en place, ça allait changer. Mais comment ? J’ai passé des tests, des tests de toutes sortes, des tests idiots, j’ai parlé, aussi, j’ai beaucoup parlé à ce type qui était sûrement un psy, j’ai été évalué, enfermé, compris parfois. On m’a observé, puis on a observé Jimmy, mon passé, mes pensées de toutes sortes. J’étais un spécimen.
    J’ai souvent pensé qu’on allait me tuer. Je ne fais pas confiance aux médecins ni aux gardiens, parce qu’ils n’ont toujours fait qu’obéir aux ordres. La nuit, je tapais inlassablement contre le mur, ça embêtait tout le monde, mais je n’avais toujours pas de réponse. Je ne savais pas s’il fallait être optimiste ou pessimiste, ni si on pouvait dire qu’on était réaliste en étant optimiste à la fois. Dans le doute, j’ai angoissé.
    Deux ans plus tard, je ne savais toujours pas s’il fallait attendre quelque chose de bien de la vie. Dans celle que le Centre dictait. J’ai souvent changé d’avis. Ces jours-là j’ai donc attendu, parce qu’on pouvait pas savoir, au final.
    Puis un jour la personne que je voyais m’a tout expliqué, m’a expliqué ce qui allait se passer.
    La personne que je voyais n’a pas annoncé ma mort.
    Elle ne m’a pas annoncé non plus que j’étais libre.
    J’ai eu du mal à digérer la nouvelle, pas parce qu’elle était mauvaise mais parce qu’elle était simplement dingue.
    J’ai été préparé, et puis, je suis sortit.

    Sortit. J’avais le droit de sortir.
    Le matin, on m’attacha un bracelet électronique à la cheville droite, et mes yeux regardaient vers le plafond de la pièce blanche sans que je ne dise rien parce que j’étais calme, et parce que je réalisais.
    Et plus tard, je marchais vers le portail d’Isolation, ouvert. Il faisait clair. Le ciel était bleu, et le chemin plein de cailloux beiges ou oranges ou marrons passait entre les arbres de la forêt avec toutes ces feuilles vertes, et les oiseaux piaillaient, d’un air agréable, tout était parfait.
    C’était comme si tout m’attendait, seulement je supposais que si il avait plu les choses n’aurait pas changées ce que je ressentais. Je marchais lentement, en me disant que ce moment-là on le vivait qu’une fois et qu’il fallait le faire durer le plus longtemps possible. Je marchais, et mes pas crissaient, et je vis le portail passer derrière moi, et le chemin s’étendre, je m’entendais respirer et puis je me mis à marcher rapidement, presque à courir, parce que tout ça était trop dingue et je sentais qu’à ce moment-là, j’explosais enfin.

    Les gens passent, ils passent concentrés sur leur vie et jettent un œil sur vous lorsque vous vous placez de sortes qu’ils vous voient. Il faut toujours empiéter sur le chemin des autres pour qu’ils vous remarquent, et ça n’avait rien d’important. J’étais pressé moi aussi. Pressé de vivre.

    Il y avait des couleurs partout, ou peut-être que je les voyais simplement moins bien quand j’étais enfermé, je sais pas, peut-être que tout avait l’air plus beau dehors parce que c’était le cas. Je suis un aveugle qui retrouve la vue. Il y avait des tas de choses à regarder auxquelles les gens accordaient plus aucune attention, par habitude, par ennui, par exemple les oiseaux qui passent de temps en temps dans le ciel de la ville, ou les chewing-gum encore roses par terre. Est-ce qu’ils pouvaient se rendre compte de ce qu’ils ne vivaient pas, de ce qu’ils vivaient, de ce qu’ils manquaient mais pas forcément de ce qu’ils manquaient de bon ? Est-ce qu’ils pouvaient se contenter de leur simple vie déjà trop courte ?
    Il y avait ces regards fuyant et mes pas sur le trottoir. Je m’extasiais devant chaque vitrine, chaque enfant heureux qui passait. Les choses inutiles prenaient un sens et devenaient importantes.

    Y en avait pas beaucoup, mais moi je l’étais. J’ai couru, et je souriais bêtement.
    J’ai marché longtemps, peut-être des heures, je ne sais pas, mes pas m’ont porté vers une aire de jeux où il n’y avait personne. C’était moi l’enfant heureux. J’ai couru vers le tourniquet et je lui ai fait prendre de l’élan avant de me tenir debout dessus, et je riais, parce que le tourniquet ne tournait pas assez vite, et parce que le monde n’avait aucun sens. Pour la première fois depuis une éternité, je me sentais heureux et prêt à tout. Profiter de la moindre chose qui pouvait me faire plaisir. J’ai fini par m’écrouler par terre.

    C’était fini.
    Maintenant, ça ira, et c’était vrai.
    Mon cœur battait tellement fort dans ma poitrine, il prenait toute la place, je l’entendais dans ma tête, dans l’air, dans le ciel bleu qui se déployait devant mes yeux. C’était beau. Il n’y avait rien de plus à attendre ou à espérer. J’ai ri, et entendre mon rire était quelque chose de tellement bizarre.

    Une main s’est tendue vers moi, soudain et j’ai vu ce garçon qui posait ses yeux bruns sur moi, l’air pas méchant du tout et qui m’a demandé :


    - Tu t’amuses souvent seul comme ça ?


    J’ai étouffé encore un rire et j’ai répondu :

    - Sur un tourniquet, non, c’est la première fois.

    J’ai pris sa main, et il m’a aidé à me relever, et j’étais un peu étourdi mais tellement bien. Il avait l’air banal mais pas tant que ça. Il avait aussi l’air calme au moment même où tous les sentiments s’entrechoquaient à l’intérieur de moi et me rendaient à la fois joyeux et complètement confus. Je l’ai regardé et j’ai dit :

    - Je suis libre.

    Le dire à haute voix a été quelque chose qui a fait couler une larme à chaque coin de mes yeux, que j’ai essuyés alors que je pensais à toutes ces horreurs que je ne vivrais plus. Je suis bousillé, tellement bousillé de partout, tu sais, je pensais être irréparable depuis tout ce temps.
    Maintenant je regarde les nuages la gorge serrée, en me demandant comment des choses aussi moches pouvaient exister sous un ciel aussi beau. C’est ça, vivre.
    Ressentir sans la drogue, sans le sang, la douleur ou le sexe.

    Il suffit de voir les choses comme elles sont, maintenant, c’était tellement facile.

    Je souris à cet inconnu. Je ne sais pas quoi dire d’autre. Il n’y avait sûrement rien à dire d’autre.
    Je suis libre.
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